Mettons fin à la thérapie de conversion pour les mineur.e.s au Canada

Signez la pétition d’ici le 18 janvier
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Bien qu’elle ait été critiquée par la Société canadienne de psychologie, la thérapie de conversion (un processus qui consiste à essayer de changer l’orientation de genre ou l’orientation sexuelle d’une personne) est encore pratiquée au Canada.

Qu’est-ce que la thérapie de conversion?

La thérapie de conversion, parfois appelée thérapie de réorientation sexuelle et thérapie réparatrice, est offerte par des fournisseurs de soins de santé ou des leaders spirituels ou religieux. Parmi les méthodes utilisées, on retrouve la psychothérapie, la prière, les cérémonies religieuses, la prise de médicaments, et plus encore.

Toutes ces approches sont basées sur une pseudo-science selon laquelle l’orientation sexuelle et l’expression de genre des personnes LGBTQ2+ seraient anormales et devraient être corrigées. En d’autres mots, celleux qui pratiquent la thérapie de conversion croient que les membres de la communauté LGBTQ2+ doivent être « guéris ». Il s’agit d’une idéologie qui n’a pas sa place dans notre société moderne.

Les conséquences

Les méthodes associées à la thérapie de conversion peuvent sérieusement nuire à celleux qu’elles sont censées aider. Ces pratiques sont discréditées par la Société canadienne de psychologie, l’Organisation mondiale de la Santé, l’American Psychiatric Association, l’American Medical Association, et plus encore.

En 2015, dans son Énoncé de politique sur la thérapie de conversion/thérapie réparatrice dans le but de modifier l’orientation sexuelle, la Société canadienne de psychologie déclare qu’elle « s’oppose à toute thérapie dont l’objectif est de “soigner” l’homosexualité ou de modifier l’orientation sexuelle d’une personne, quel que soit son âge. » La Société affirme qu’il n’existe aucune preuve de l’efficacité de la thérapie de conversion et souligne ses répercussions négatives potentielles : « la thérapie de conversion ou thérapie réparatrice peut produire des résultats négatifs comme le désarroi, l’anxiété, la dépression, une mauvaise estime de soi, un sentiment d’échec, de la difficulté à entretenir des relations et de la dysfonction sexuelle. »

Peter Gajdics connaît bien les terribles conséquences de la thérapie de conversion. Après avoir enduré la thérapie de conversion pendant six ans en Colombie-Britannique, il a publié un livre sur son expérience intitulé The Inheritance of Shame: A Memoir. Dans le magazine Maclean’s, Gajdics décrit la thérapie de conversion comme « une torture écrasante ayant pour but d’éradiquer l’homosexualité et de réduire au silence la sexualité des personnes homosexuelles. »

La thérapie de conversion au Canada

En date de décembre 2018, trois provinces et une ville canadiennes avaient introduit des restrictions sur la thérapie de conversion. Bien que ces restrictions constituent un pas dans la bonne direction, elles n’interdisent pas formellement cette pratique.

- 2015: le Manitoba devient la première province à couper le financement provincial de la thérapie de conversion. Dans sa prise de position officielle, le gouvernement affirme que « la thérapie de conversion n’a pas sa place dans notre système de santé provincial. »

- 2015: l’Ontario présente le projet de loi 77 pour mettre fin au financement de la thérapie de conversion dans le cadre du régime provincial d’assurance-maladie.

- 2018: la ville de Vancouver interdit les entreprises d’offrir de la thérapie de conversion dans les limites de la ville.

- 2018: la Nouvelle-Écosse adopte une loi qui interdit aux professionnels de la santé et aux personnes en position de confiance d’offrir de la thérapie de conversion aux mineur.e.s.

Signez la pétition pour une interdiction fédérale

Les restrictions provinciales et municipales sont encourageantes, mais n’empêchent pas la thérapie de conversion d’exister. Même si la thérapie de conversion ne bénéficie plus d’un financement public ou que le fournisseur de santé qui offre ce service se voit forcé de déménager, il peut recevoir du financement privé et s’établir dans une nouvelle ville. Cette approche fragmentée fait en sorte qu’une interdiction à l’échelle du pays pourrait prendre des années à voir le jour. Pendant ce temps, les lois canadiennes ne correspondent pas aux valeurs morales et sociales de ses résidents.

C’est pourquoi YQueerL et Lethbridge Public Interest Research Group ont créé une pétition adressée au gouvernement du Canada et parrainée par la députée Sheri Benson (Saskatoon West). La pétition E-1833 demande au gouvernement fédéral :

(a) mettre en place des mesures interdisant la thérapie de conversion à l’égard des personnes mineures au Canada;

(b) mettre en place des mesures interdisant le transport de personnes mineures à l’extérieur du pays pour ces raisons; et

(c) veiller à l’inclusion de dispositions relatives à la thérapie de conversion dans la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel, pour protéger les enfants contre les abus.

En signant cette pétition électronique, vous pouvez soutenir une interdiction fédérale de la thérapie de conversion et inciter le gouvernement fédéral à criminaliser cette pratique. Une fois la loi adoptée, il serait aussi interdit d’envoyer une personne mineure à l’étranger pour effectuer une thérapie de conversion.

Les résident.e.s et citoyen.e.s du Canada ont jusqu’au 18 janvier 2019 pour signer la pétition. Ajoutez-y votre nom pour faire savoir au gouvernement fédéral que la thérapie de conversion n’a pas sa place au Canada.

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