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Innovation vs mondialisation

Mark Constantine, le cofondateur de Lush, nous parle de l’identité de son entreprise et du rôle que joue l’innovation dans un marché international.

Juste avant Noël, j’ai visité notre nouvelle boutique à Bath, au Royaume-Uni. Tous les fondateurs ont posé pour une photo avec les employés. Ensuite, Laura Wyatt (troisième à partir de la droite, en blanc) m’a demandé : « En quoi trouvez-vous que la mondialisation de Lush affecte l’identité de l’entreprise? ». Bonne question. J’ai hésité l’espace d’un moment, parce que je n’aimais pas l’idée que Lush fasse partie du processus de mondialisation. J’ai ensuite expliqué à Laura que Lush avait récemment reçu le Fair Tax Mark (Sceau d’équité fiscale), ce qui nous a incités à révéler nos chiffres des ventes dans chaque pays de façon transparente.

J’ai récemment téléphoné à Laura pour savoir si j’avais réussi à répondre à sa question. « Non, pas vraiment, mais j’ai trouvé votre réponse intéressante », m’a-t-elle dit. Je me suis demandé comment réussir à conserver l’image d’une petite entreprise de Poole malgré notre croissance mondiale.

Cela ne m’avait jamais inquiété auparavant. J’ai toujours su qu’une petite entreprise pouvait s’améliorer en grandissant, et c’est ce qui est arrivé dans le cas de Lush. Le secret? S’entourer d’employés passionnés, enthousiastes et énergiques qui tirent un réel plaisir de leur travail.

Lorsque j’ai bafouillé ma réponse à Laura, je n’étais pas certain de la signification réelle du terme « mondialisation », et je ne voulais pas vraiment l’apprendre. Depuis, j’y ai longuement réfléchi.

J’ai récemment lu un livre de Peter Thiel intitulé Zero to One, or How to Build the Future, qui traite entre autres de mondialisation. « Si vous prenez une machine à écrire et que vous en fabriquez 100, on parle de mondialisation. Si vous prenez une machine à écrire et que vous fabriquez un système de traitement de texte, on parle d’innovation. » En réfléchissant à sa description, j’ai réalisé que dans notre cas, l’innovation pouvait représenter une solution à la surexploitation des ressources par l’industrie des cosmétiques.

Prenons l’exemple du shampooing. Les gens se lavaient les cheveux au savon jusqu’à l’invention des surfactants dans les années 30. Dans les années 50, le plastique a remplacé le verre recyclé comme matériau d’emballage et le shampooing tel qu’on le connaît aujourd’hui a vu le jour.

À l’arrivée des années 60, tout le monde avait délaissé le savon au profit du shampooing. Après utilisation, les bouteilles vides étaient simplement jetées aux poubelles, sans considération pour ce qu’elles allaient devenir.

Lors d’une étude récente, 92 % des Américains ont affirmé utiliser du shampooing. En 2012, un milliard et demi de bouteilles étaient utilisées annuellement aux États-Unis. Malheureusement, cela signifie également qu’un milliard et demi de bouteilles de plastique sont enterrées dans des sites d’enfouissement chaque année. La mondialisation du shampooing en bouteille a épuisé les ressources de notre planète.

Lorsque Mo, ma femme et la cofondatrice de Lush, a obtenu son premier brevet aux États-Unis en 1989, elle a fait changer son métier pour celui d’« inventrice » dans son passeport. Avec Stan Kryztal, elle a mis au point un pain shampooing sans emballage.

À 55 grammes, il était 5 fois plus petit qu’une bouteille de shampooing liquide de 250 g, mais durait trois fois plus longtemps. Pas de bouteille, ni d’agents de conservation, ni d’étiquettes. Un parfait exemple d’innovation parmi la mondialisation! L’an dernier, après 20 ans d’efforts, nous avons réussi à vendre assez de pains shampooing pour empêcher 15 millions de bouteilles d’être jetées, tout en vous procurant des cheveux resplendissants et volumineux.

Voici donc ma réponse, Laura. Grâce à nos innovations, nous luttons contre la mondialisation. Et si nous ne grandissons pas, nous ne pouvons pas entraîner des changements à grande échelle. Nous continuons donc à innover et avons à ce jour des dizaines de brevets à notre actif. Malgré notre taille, notre influence est encore minime.

Pour mettre les choses en perspective : Lush représente 35 % de la taille de The Body Shop, qui représente 4 % de sa société mère L’Oréal, la plus grande entreprise de cosmétiques au monde, qui ne représente que 12,5 % de cette industrie. Nous avons donc encore beaucoup de travail à faire.