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Banner - Mettons fin à la thérapie de conversion pour les mineur.e.s au Canada

Mettons fin à la thérapie de conversion pour les mineur.e.s au Canada

Apprenez-en davantage et passez à l’action

Bien qu’elle ait été critiquée par la Société canadienne de psychologie, la thérapie de conversion (un processus qui consiste à essayer de changer l’orientation de genre ou l’orientation sexuelle d’une personne) est encore pratiquée au Canada.

Qu’est-ce que la thérapie de conversion?

La thérapie de conversion, parfois appelée thérapie de réorientation sexuelle et thérapie réparatrice, est offerte par des fournisseurs de soins de santé ou des leaders spirituels ou religieux. Parmi les méthodes utilisées, on retrouve la psychothérapie, la prière, les cérémonies religieuses, la prise de médicaments, et plus encore.

Toutes ces approches sont basées sur une pseudoscience selon laquelle l’orientation sexuelle et l’expression de genre des personnes queer seraient anormales et devraient être corrigées. En d’autres mots, celleux qui pratiquent la thérapie de conversion croient que les personnes queer doivent être « guéris ». Il s’agit d’une idéologie qui n’a pas sa place dans notre société moderne.

Il s’agit d’une idéologie qui n’a pas sa place dans notre société moderne et qui contribue à la stigmatisation et à la discrimination de la communauté queer.

Les conséquences

Les méthodes associées à la thérapie de conversion peuvent sérieusement nuire à celleux qu’elles sont censées aider. Ces pratiques sont discréditées par la Société canadienne de psychologie, l’Organisation mondiale de la Santé, l’American Psychiatric Association, l’American Medical Association, et plus encore.

Il est grand temps d’interdire la thérapie de conversion pour les mineur.e.s au Canada.

Deux personnes portant un masque et drapées d’un drapeau de la fierté se tiennent devant la caméra.

En 2015, dans son Énoncé de politique sur la thérapie de conversion/thérapie réparatrice dans le but de modifier l’orientation sexuelle, la Société canadienne de psychologie déclare qu’elle « s’oppose à toute thérapie dont l’objectif est de “soigner” l’homosexualité ou de modifier l’orientation sexuelle d’une personne, quel que soit son âge. » La Société affirme qu’il n’existe aucune preuve de l’efficacité de la thérapie de conversion et souligne ses répercussions négatives potentielles : « la thérapie de conversion ou thérapie réparatrice peut produire des résultats négatifs comme le désarroi, l’anxiété, la dépression, une mauvaise estime de soi, un sentiment d’échec, de la difficulté à entretenir des relations et de la dysfonction sexuelle. »

Peter Gajdics connaît bien les terribles conséquences de la thérapie de conversion. Après avoir enduré la thérapie de conversion pendant six ans en Colombie-Britannique, il a publié un livre sur son expérience intitulé The Inheritance of Shame: A Memoir. Dans le magazine Maclean’s, Gajdics décrit la thérapie de conversion comme « une torture écrasante ayant pour but d’éradiquer l’homosexualité et de réduire au silence la sexualité des personnes homosexuelles. »

La thérapie de conversion au Canada

En date de juin 2021, trois provinces et quatre villes canadiennes ont introduit des restrictions sur la thérapie de conversion. Bien que ces restrictions constituent un pas dans la bonne direction, elles n’interdisent pas formellement cette pratique.

  • 2015 : le Manitoba devient la première province à couper le financement provincial de la thérapie de conversion. Dans sa prise de position officielle, le gouvernement affirme que « la thérapie de conversion n’a pas sa place dans notre système de santé provincial. »
  • 2015 : l’Ontario présente le projet de loi 77 pour mettre fin au financement de la thérapie de conversion dans le cadre du régime provincial d’assurance-maladie.
  • 2018 : la ville de Vancouver interdit les entreprises d’offrir de la thérapie de conversion dans les limites de la ville.
  • 2018 : la Nouvelle-Écosse adopte une loi qui interdit aux professionnels de la santé et aux personnes en position de confiance d’offrir de la thérapie de conversion aux mineur.e.s.
  • 2019 : la ville d’Edmonton adopte un règlement et interdit la pratique et la promotion de la thérapie de conversion.
  • 2020 : la ville de Calgary adopte un règlement interdisant la thérapie de conversion et prévoit des amendes allant jusqu’à 10 000 $.
  • 2020 : Québec adopte la loi 70 interdisant la thérapie de conversion dans la province et stipulant que « le fait pour un professionnel de dispenser une thérapie de conversion constitue un acte dérogatoire à la dignité de sa profession ».
  • 2021: la ville de Saskatoon adopte le règlement 9747 interdisant la thérapie de conversion.
  • À l’heure actuelle, d’autres villes et provinces canadiennes envisagent l’adoption de lois et de règlements similaires.

Passez à l’action pour interdire la thérapie de conversion au Canada

Même si la thérapie de conversion ne bénéficie plus d’un financement public ou que le fournisseur de santé qui offre ce service se voit forcé de déménager, il peut recevoir du financement privé et s’établir dans une nouvelle ville. Cette approche fragmentée fait en sorte qu’une interdiction à l’échelle du pays pourrait prendre des années à voir le jour. Pendant ce temps, les lois canadiennes ne correspondent pas aux valeurs morales et sociales de ses résidente.s.

En 2018, Lush s’est joint à une action initiée par YQueerL et Lethbridge Public Interest Research Group pour demander au gouvernement fédéral de mettre fin à la thérapie de conversion au Canada et d’inclure cette interdiction dans la Loi canadienne sur les droits de la personne et le Code criminel pour protéger les enfants contre les abus. Le 1er février 2019, la pétition E-1833 comprenant 18 200 signatures a été présentée à la Chambre des communes par la députée fédérale Sheri Benson.

Depuis, le gouvernement fédéral a présenté le projet de loi C-6 afin de modifier le Code criminel et créer les infractions criminelles suivantes :

(a) faire suivre une thérapie de conversion à une personne sans son consentement;
(b) faire suivre une thérapie de conversion à un enfant;
(c) agir en vue de faire passer un enfant à l’étranger pour qu’il y suive une thérapie de conversion;
(d) faire de la promotion ou de la publicité en vue d’offrir de la thérapie de conversion;
(e) et bénéficier d’un avantage matériel, notamment pécuniaire, provenant de la prestation de thérapies de conversion.

Il modifie également le Code criminel pour autoriser les tribunaux à ordonner que des publicités de thérapie de conversion soient effacées ou qu’il en soit disposé.

Soutenez le projet de loi C-6. Passez à l’action et dites au gouvernement que la thérapie de conversion n’a pas sa place au Canada.

Si vous êtes une personne LGBTQ+ ayant besoin de soutien, téléphonez au 1 866 277-355 si vous habitez au Québec. Pour les autres provinces, vous pouvez appeler le Service de crise du Canada au 1 833 456-4566 24 h/24, 7 j/7 ou envoyer un message texte entre 16 h et minuit HNE.

Si vous êtes une personne trans ayant des idées suicidaires ou en crise, téléphonez Trans Lifeline au 1 877 330-6366 pour obtenir du soutien d’autres personnes trans.