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Le Canada interdit la thérapie de conversion

La loi fédérale est maintenant en vigueur

Bien qu’elle ait été critiquée par la Société canadienne de psychologie, la thérapie de conversion (un processus qui consiste à essayer de changer l’orientation de genre ou l’orientation sexuelle d’une personne) était encore pratiquée au Canada.

Aujourd’hui (le 7 janvier 2022), les amendements au Code criminel du Canada entrent en vigueur, interdisant les thérapies de conversion. Il y a 30 jours, le gouvernement a voté une loi qui prend effet le 7 janvier 2022, ce qui signifie qu’il est maintenant illégal de pratiquer une soi-disant thérapie de conversion sur quiconque, peu importe l’âge ou le consentement.

Qu’est-ce que la thérapie de conversion?

La thérapie de conversion, parfois appelée thérapie de réorientation sexuelle et thérapie réparatrice, est offerte par des fournisseurs de soins de santé ou des leaders spirituels ou religieux. Parmi les méthodes utilisées, on retrouve la psychothérapie, la prière, les cérémonies religieuses, la prise de médicaments, et plus encore.

Toutes ces approches sont basées sur une pseudoscience selon laquelle l’orientation sexuelle et l’expression de genre des personnes queer seraient anormales et devraient être corrigées. En d’autres mots, celleux qui pratiquent la thérapie de conversion croient que les personnes queer doivent être « guéris ».

Les conséquences

Bien qu’elles soient discréditées par la Société canadienne de psychologie et l’Organisation mondiale de la Santé, ces pratiques pseudo-scientifiques qui consistent à modifier les identités queer pour les conformer aux rôles hétérosexuels et/ou cisgenres engendrent une rhétorique toxique selon laquelle les personnes LGBTQ2+ souffriraient d’une maladie ou d’un dysfonctionnement qui doit être soigné ou corrigé. Les méthodes associées à la thérapie de conversion peuvent sérieusement nuire à celleux qu’elles sont censées aider.

L’interdiction de la thérapie de conversion au Canada est enfin en vigueur.

Deux personnes portant un masque et drapées d’un drapeau de la fierté se tiennent devant la caméra.

En 2015, dans son Énoncé de politique sur la thérapie de conversion/thérapie réparatrice dans le but de modifier l’orientation sexuelle, la Société canadienne de psychologie déclare qu’elle « s’oppose à toute thérapie dont l’objectif est de “soigner” l’homosexualité ou de modifier l’orientation sexuelle d’une personne, quel que soit son âge. » La Société affirme qu’il n’existe aucune preuve de l’efficacité de la thérapie de conversion et souligne ses répercussions négatives potentielles : « la thérapie de conversion ou thérapie réparatrice peut produire des résultats négatifs comme le désarroi, l’anxiété, la dépression, une mauvaise estime de soi, un sentiment d’échec, de la difficulté à entretenir des relations et de la dysfonction sexuelle. »

Peter Gajdics connaît bien les terribles conséquences de la thérapie de conversion. Après avoir enduré la thérapie de conversion pendant six ans en Colombie-Britannique, il a publié un livre sur son expérience intitulé The Inheritance of Shame: A Memoir. Dans le magazine Maclean’s, Gajdics décrit la thérapie de conversion comme « une torture écrasante ayant pour but d’éradiquer l’homosexualité et de réduire au silence la sexualité des personnes homosexuelles. »

La thérapie de conversion au Canada

On January 7, 2022, four new Criminal Code violations were enacted, protecting anyone of any age against this cruel practice. Prior to the federal legislation passed by Parliament, several provinces and cities led the charge:

Le 7 janvier 2022, quatre nouvelles infractions au Code criminel du Canada ont été adoptées, protégeant la population, peu importe l’âge, de cette pratique cruelle. Avant que le parlement du Canada ne légifère, plusieurs villes et provinces ont montré l’exemple :

  • 2015 : le Manitoba devient la première province à couper le financement provincial de la thérapie de conversion. Dans sa prise de position officielle, le gouvernement affirme que « la thérapie de conversion n’a pas sa place dans notre système de santé provincial. »
  • 2015 : l’Ontario présente le projet de loi 77 pour mettre fin au financement de la thérapie de conversion dans le cadre du régime provincial d’assurance-maladie.
  • 2018 : la ville de Vancouver interdit les entreprises d’offrir de la thérapie de conversion dans les limites de la ville.
  • 2018 : la Nouvelle-Écosse adopte une loi qui interdit aux professionnels de la santé et aux personnes en position de confiance d’offrir de la thérapie de conversion aux mineur.e.s.
  • 2019 : la ville d’Edmonton adopte un règlement et interdit la pratique et la promotion de la thérapie de conversion.
  • 2020 : la ville de Calgary adopte un règlement interdisant la thérapie de conversion et prévoit des amendes allant jusqu’à 10 000 $.
  • 2020 : Québec adopte la loi 70 interdisant la thérapie de conversion dans la province et stipulant que « le fait pour un professionnel de dispenser une thérapie de conversion constitue un acte dérogatoire à la dignité de sa profession ».
  • 2021: la ville de Saskatoon adopte le règlement 9747 interdisant la thérapie de conversion.

Vers une loi fédérale

Bien que les restrictions prises par certaines provinces et villes étaient prometteuses, la pratique des thérapies de conversation pouvait tout de même se poursuivre. Le projet de loi C-6 a été présenté au parlement en octobre 2020 afin de modifier le Code criminel et créer les infractions criminelles suivantes :

(a) faire suivre une thérapie de conversion à une personne sans son consentement;
(b) faire suivre une thérapie de conversion à un enfant;
(c) agir en vue de faire passer un enfant à l’étranger pour qu’il y suive une thérapie de conversion;
(d) faire de la promotion ou de la publicité en vue d’offrir de la thérapie de conversion;
(e) et bénéficier d’un avantage matériel, notamment pécuniaire, provenant de la prestation de thérapies de conversion.

En juin 2021, le projet de loi C-6 a été adopté par la Chambre des communes, mais n’a pu être examiné par le Sénat. Lors de la rentrée parlementaire de novembre 2021, la Chambre des communes et le Sénat l’ont adopté et la loi a reçu la sanction royale le 6 décembre 2021.

Nos actions pour l’interdiction des thérapies de conversion

En janvier 2019, Lush a soutenu une pétition initiée par The YQueerL Society for Change en Saskatchewan. Avec plus de 18 000 signatures, la pétition a été présentée à la Chambre des communes le 1er février 2019 par Sheri Benson, alors députée fédérale.

En 2020 et 2021, Lush a milité en boutique et sur les médias sociaux pour le bannissement de la thérapie de conversion et pour sensibiliser les Lushies sur cette pratique cruelle.

Aujourd’hui, nous célébrons le fait que le Canada est devenu l’un des rares pays au monde à s’être doté d’un cadre législatif fédéral. Nous nous remettons maintenant au travail pour nous assurer que chaque personne puisse exercer ses droits à l’autonomie corporelle, à la santé et à la libre expression de son orientation sexuelle et de son identité de genre.

Si vous êtes une personne LGBTQ2+ ayant besoin de soutien, téléphonez au 1 866 277-3553 si vous habitez au Québec. Pour les autres provinces, vous pouvez appeler le Service de crise du Canada au 1 833 456-4566 24 h/24, 7 j/7 ou envoyer un message texte au 45645 entre 16 h et minuit HNE (des frais de messagerie peuvent s’appliquer).

Si vous êtes une personne trans ayant des idées suicidaires ou en crise, téléphonez Trans Lifeline au 1 877 330-6366 pour obtenir du soutien d’autres personnes trans. Si vous recherchez d’autres ressources, vous pouvez visiter notre site Web.