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De génération Z à génération GND

On croyait qu’on serait les derniers

Je m’appelle Feliquan Charlemagne et je suis le directeur créatif national de US Youth Climate Strike, un organisme au premier plan du mouvement mondial de grève pour le climat.

Alors que je m’assoyais pour écrire cet article, on ne connaissait pas encore les répercussions de l’ouragan Dorian sur les Caraïbes. Alors qu’il ravageait les Bahamas, j’ai lu des manchettes qui annonçaient que « Dorian pourrait frapper la Floride sous forme d’ouragan majeur de catégorie 4 ». En tant que Floridien, je ne pouvais rien faire sinon espérer que mon État et ses habitants s’en sortent indemnes.

Malheureusement, je n’en suis pas à ma première catastrophe naturelle. Je suis né sur une île des îles Vierges américaines nommée Saint-Thomas. À l’âge de deux mois, j’ai été forcé de déménager dans la petite ville d’Ocala, en Floride, à cause de l’instabilité économique et des dommages environnementaux causés par les ouragans, l’élévation du niveau de la mer et le réchauffement climatique.

La cause de la crise climatique est simple : les humain.e.s ont émis des tonnes de CO2 et autres gaz à effet de serre dans l’atmosphère. Les gaz à effet de serre sont principalement produits en brûlant du charbon, du pétrole et du gaz (des combustibles fossiles) pour obtenir de l’énergie, ou à cause du méthane produit par les pratiques agricoles. Ces gaz à effet de serre, qui étaient enfouis profondément dans la terre, restent dans l’atmosphère et emprisonnent la chaleur et réchauffent la planète. Une augmentation de température moyenne de 1,5°C peut sembler négligeable, mais si la planète se réchauffe encore plus, les conséquences seraient catastrophiques.

Nous avons fait face aux pires saisons et ouragans et aux étés les plus chauds jamais vécus. Nous avons combattu des feux de forêt dévastateurs et des inondations extrêmes. Les dommages écologiques ont rendu certaines régions inhabitables, menant ainsi à des migrations massives. Si nous n’arrêtons pas d’émettre du carbone d’ici 2030, ces conséquences désastreuses ne seront que le sommet de l’iceberg.

Le mouvement mondial de grève pour le climat milite contre les gaz à effet de serre et les combustibles fossiles. Nous nous battons pour que les compagnies, qui produisent plus de 71 % de ces émissions, soient tenues responsables et pour dénoncer les gouvernements qui n’ont rien fait pour nous protéger de leur cupidité. Tout a commencé en août 2018 avec Greta Thunberg, une étudiante de 16 ans originaire de la Suède, qui s’est mise à sécher les cours tous les vendredis pour manifester devant le parlement suédois et sensibiliser le public à la crise climatique. Des milliers de grèves étudiantes ont maintenant lieu chaque semaine partout dans le monde et deux grèves massives ont eu lieu en mars et en mai, avec des millions de participant.e.s. La troisième grève de ce genre aura lieu le 27 septembre et on s’attend à ce qu’elle soit la plus grande manifestation contre l’inaction climatique jamais organisée.

C’est en faisant preuve d’ambition que nous pourrons passer d’une époque de dégradation environnementale à une époque de justice environnementale. Une ère où nous écoutons les communautés aux premières lignes de la crise environnementale et où nous soutenons les personnes qui ont souffert des actions des entreprises et des gouvernements.

C’est en faisant preuve d’ambition que nous pouvons passer d’une époque de dégradation écologique à une époque de justice écologique. Une ère où nous protégeons et soutenons la biodiversité et nous aidons à nourrir et à nettoyer les écosystèmes responsables de la vie sur Terre.

C’est en faisant preuve d’ambition que nous pouvons passer d’une époque de tourmente économique à une époque de justice économique. Une ère où nous bâtissons des économies qui ne sont pas définies par les profits des entreprises et où des milliers d’emplois pour celleux qui sont oublié.e.s par le capitalisme. Une ère où nous investissons dans des sources d’énergie vertes et des infrastructures durables pour tous et toutes.

C’est en faisant preuve d’ambition que nous pourrons entamer l’ère d’un Green New Deal.

On nous a baptisé.e.s « génération Z » parce qu’on croyait qu’on serait les derniers. Ma génération refuse d’être la dernière. Ma génération refuse d’être la génération Z. Ma génération sera la génération GND.

Joignez-vous à nous.

Feliquan Charlemagne, directeur créatif national de US Youth Climate Strike, est un activiste climatique de 17 ans né à Saint-Thomas, une île des îles Vierges des États-Unis. À l’âge de deux mois, il a été forcé de déménager en Floride à cause de l’instabilité économique continuellement empirée par les conséquences de la crise climatique. Il utilise maintenant ses compétences créatives et ses expériences dans les Caraïbes et en Floride pour montrer la réalité de la crise climatique et pour illustrer que nous sommes en mesure de bâtir un avenir prospère grâce au mouvement de grève mondiale pour le climat.