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Être une personne trans au temps de la Covid-19

Marginaliser les marginalisé.e.s

La pandémie de la Covid-19 est bien réelle et ses effets se feront sentir pendant longtemps. Toutes les communautés, les familles et les personnes sont touchées par ses répercussions.

Nous entendons souvent que nous sommes tous dans le même bateau, mais l’expérience de la Covid-19 n’est pas la même pour tout le monde. Les preuves des inégalités qui existent dans notre système n’ont jamais été aussi flagrantes. Les communautés devenues vulnérables en raison des discriminations et lacunes systémiques sont confrontées à de plus grands obstacles dans l’accès aux soins de santé et aux services essentiels. C’est le moment ou jamais de s’arrêter, d’écouter et d’exiger la justice et la dignité pour tous et toutes.

Mara Keisling, responsable de la direction générale du National Center for Transgender Equality à Washington DC, nous offre un aperçu de l’expérience trans au temps de la Covid-19. Pour en savoir plus sur Mara et le travail du National Center for Transgender Equality, suivez @transequalitynow.

Être une personne trans au temps de la Covid-19 : marginaliser les marginalisé.e.s.

Les personnes trans aux États-Unis ont fait progresser leur visibilité et leur acceptation plus vite que n’importe quel autre groupe au cours de l’histoire. Et nos droits, du moins juridiquement parlant, ont progressé tout aussi rapidement. Malheureusement, notre lutte n’est pas terminée. Nous faisons toujours face à de la discrimination de la part de notre gouvernement et de la société, et, trop souvent encore, au sein de nos familles. Même si nous avons fait des progrès, nous faisons face à des taux alarmants de chômage, d’itinérance et de discrimination médicale.

La pandémie de la Covid-19 a exacerbé cette crise pour plusieurs personnes trans et non conformes dans le genre. Nous savons que les personnes trans ne sont pas tous et toutes affecté.e.s de la même façon : les personnes trans racisées et à faible revenu essuient de plein fouet les répercussions de cette crise. Plusieurs thèmes reviennent souvent dans les communautés trans. Les mêmes facteurs qui causent le manque de respect, la discrimination et la violence dont plusieurs d’entre nous sont victimes aggravent la crise pour de nombreuses personnes trans. La stigmatisation, la marginalisation et la criminalisation augmentent notre détresse pendant cette pandémie.

Bien sûr, les personnes trans ont été stigmatisées par la société moderne. On nous qualifie de troublé.e.s, de confus.e.s, de malades, de dangeureux.euses et d’inutile. Cela donne le droit à celleux qui nous détestent de nous maltraiter, de nous renvoyer, de nous refuser des soins de santé et même de nous chasser de nos maisons et de nos familles. Les effets de cette maltraitance et de cette haine sont très pénibles pour les enfants, les adolescent.e.s et même les adultes qui doivent vivre leur confinement en famille ou avec d’autres personnes qui ne les acceptent pas, ne leur offrent pas le soutien nécessaire et qui les humilient, les méprisent et parfois même, les maltraitent physiquement.

La stigmatisation contribue à la marginalisation que vivent les personnes trans. Selon le U.S. Transgender Survey, elles sont confrontées à la marginalisation sous forme de discrimination dans tous les pans de la société. Nous sommes marginalisé.e.s dans le milieu de l’éducation et de l’emploi. Le sondage montre que nous sommes deux fois et demie plus susceptibles de vivre dans la pauvreté. Et comme tous les autres groupes de personnes marginalisées aux États-Unis, nous avons peu ou pas d’accès aux soins de santé.

Mara et les membres du National Center For Transgender Equality militent pour protéger la santé des personnes trans.

Les membres du National Center For Transgender Equality manifestent au President’s Park à Washington, D.C.

La marginalisation et la stigmatisation amplifient aussi les autres défis auxquels nous faisons face pendant cette crise sanitaire et économique. Selon le dernier U.S. Transgender Survey, nous sommes davantage à risque de vivre en situation d’itinérance, ce qui fait en sorte que nous sommes plus susceptibles de contracter le virus que d’autres personnes. Nous sommes plus enclin.e.s à travailler dans l’industrie du sexe. Et comme tous les travailleurs et toutes les travailleuses du sexe, les personnes trans dans cette industrie sont plus vulnérables aux maladies et aux répercussions économiques de la distanciation sociale.

Bien que notre organisme et notre mouvement s’engagent fermement à décriminaliser le travail du sexe et que nous ayons fait quelques progrès, la criminalisation constante du travail du sexe a toujours eu des effets incroyablement nocifs sur les personnes qui ne cherchent qu’à survivre. Les répercussions sont encore plus lourdes pendant la crise, car les personnes incarcérées de tous les horizons sont extrêmement vulnérables au virus. Puisque les personnes trans sont stigmatisées et marginalisées, nos données montrent qu’elles sont disproportionnellement représentées dans les pénitenciers, les prisons et les centres de détention de l’immigration, où notre santé et nos vies sont négligées.

Tout cela est causé par la société. Par contre, ces enjeux ne définissent pas les personnes trans et non conformes dans le genre. Nous ne sommes pas que stigmatisé.e.s, marginalisé.e.s et criminalisé.e.s. Nous sommes aussi une communauté de personnes résilientes et extraordinaires. Notre résilience brille particulièrement pendant cette crise. Et les communautés que nous avons bâties pendant les dernières décennies se soutiennent les unes et les autres. C’est extraordinaire. Les personnes trans sont extraordinaires.

#ProtectTransHealth Mara Keisling Responsable de la direction du National Center for Transgender Equality @transequalitynow

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Cet article fait partie d’une série d’articles sur la Covid-19 dans les communautés touchées de façon disproportionnée par la pandémie. Lisez les autres articles ici.

Mara Keisling, responsable de la direction générale du National Center for Transgender Equality à Washington.