Récolte d’eau de pluie en Tanzanie avec Save the Rain

Lush se rend en Tanzanie pour aider Save the Rain
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Texte : Katy Cobb
Texte : Katy Cobb

Le matin du 5 juin 2014, j’étais en Tanzanie, assise à l’arrière d’une Land Cruiser qui défilait à toute allure sur une route poussiéreuse et cahoteuse. Au loin, je pouvais apercevoir le célèbre et très impressionnant Mont Kilimajaro, situé dans le quartier Kingori du pays.

Le véhicule s’arrêta soudainement dans l’allée d’une maison modeste. Avant même d’avoir eu la chance d’ouvrir la portière, la mère de la maison (ou « Mama » comme nous avons vite appris à l’appeler) est venue m’embrasser par la fenêtre ouverte de la voiture. Elle me serra la main d’une poignée ferme et chaleureuse en me regardant avec ses yeux bienveillants, brillants de larmes. Son sourire et son regard disaient tout : le sentiment de gratitude et de joie qu’elle éprouvait était sans limites, et aucune traduction n’était requise pour me le faire comprendre.

Mes collègues et moi avions entrepris ce voyage en Tanzanie pour travailler avec Save the Rain, un organisme caritatif à but non lucratif que nous appuyons par l’entremise de notre programme du Pot de bienfaisance. L’objectif de notre présence dans ce pays était d’aider cet organisme à construire six systèmes de récupération d’eau de pluie pour les familles dans le besoin – un projet financé directement par nos clients à travers leur achat de la lotion pour les mains et le corps Pot de bienfaisance.

Mama fut choisie par Save the Rain pour profiter de la construction d’un système résidentiel de récupération d’eau de pluie. Il y a seulement un an, son mari fut tué dans un accident de la route : elle s’est vite retrouvée seule avec ses enfants, bouleversée par la tragédie, et sans perspectives d’emploi. La récolte d’eau à des fins ménagères, incluant la préparation des repas, le ménage, le bain et l’abreuvement du bétail, prend énormément de temps et empêche beaucoup de femmes tanzaniennes de poursuivre leurs études et de participer à des activités économiques, comme vendre leurs aliments et leurs confections au marché. Le manque d’accès à l’eau potable force donc ces familles à vivre dans un cycle de pauvreté – un cycle que nous étions venus rompre.

Les systèmes de récupération d’eau de pluie représentent une solution simple, mais efficace à la crise de l’eau : ils captent l’eau de pluie qui tombe sur les toits et la font ruisseler dans un filtre, avant de la récupérer dans un grand réservoir. Cette eau potable est ensuite conservée jusqu’à son utilisation; les femmes n’ont donc plus besoin de marcher pendant des heures pour se la procurer.

Pendant les 8 jours de la construction, j’eus la chance de travailler aux côtés de Naomi et d’Helena, des femmes maçonnes travaillant à temps plein pour Save the Rain; ensemble, elles ont construit plus de 200 systèmes de récupération d’eau de pluie. Ces deux femmes ont aussi eu le privilège de recevoir leur propre système résidentiel. Dès qu’elles n’eurent plus besoin de passer leur journée à faire puiser de l’eau, elles joignirent Save the Rain en tant qu’employées à temps plein, où elles apprirent l’art de la maçonnerie. Elles peuvent maintenant subvenir aux besoins de leurs familles, tout en aidant d’autres foyers à faire de même. Avec l’aide d’Helena et de Naomi, je mis la main à la pâte : toute maladroite, je tenta avec difficulté de mélanger du béton et d’installer des gouttières. Chaque après-midi, je quittais la maison de Mama couverte de boue, avec des traces de béton sur mon visage et un sourire dont je ne pouvais tout simplement pas me défaire. Chaque jour, le projet commençait à se concrétiser; nous étions très excités que nos efforts allaient prochainement fournir à Mama et sa famille de l’eau potable et fraîche.

Une maman de Kingori

Mama Portrait

En travaillant à la construction du système de récupération, j’eus le plaisir de discuter avec Mama de la façon dont elle se procurait son eau. Chaque jour, elle marchait 30 minutes avec son âne pour se rendre à un puits privé et payait le propriétaire pour remplir quatre barils d’eau. Le tout coûtait environ 4 schillings par jour, ce qui signifie 120 schillings par mois – une grosse dépense pour une famille qui a déjà du mal à subvenir à ses besoins. Cette eau est non seulement chère, mais elle aussi contaminée d’une dose élevée de fluore en raison de la configuration géologique particulière de la région, posant ainsi un risque à tous ceux qui la boivent.

Alors que le processus de construction tirait à sa fin, Mama nous exprimait la joie et le sentiment de gratitude qu’elle ressentait chaque fois qu’elle en avait l’occasion. Lorsque je lui demanda comment ce système de récupération d’eau allait changer l’avenir de sa famille, elle me répondit tout simplement : « Notre vie sera parfaite ». Cette femme si aimable, veuve, mère de trois enfants et sans source de revenu stable m’a vraiment fait comprendre l’importance de la compassion, du bonheur et du pouvoir de la persévérance.

Lorsqu’est venu le temps de quitter à jamais la maison de Mama, nous sommes tous fondus en larmes dans ses bras. J’avais l’impression de laisser derrière moi une partie de mon cœur avec cette incroyable famille et ces femmes maçonnes aux côtés desquelles il me fit tant plaisir de travailler. Je me suis vite consolée en pensant à l’héritage que nous laissions derrière nous – fournir de l’eau potable à cette famille pour des générations à venir. Cette expérience restera à jamais gravée dans ma mémoire.

Le manque d’accès à l’eau potable force donc ces familles à vivre dans un cycle de pauvreté – un cycle que nous étions venus rompre.
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